Beaucoup de langues, si possible antiques

La langue maternelle de notre héros est, naturellement, le néerlandais, qu’il méprise comme toutes les langues modernes. Le néerlandais n’est donc « bon qu’à nuire », tandis que le français est « strident » et « impossible à écrire », déjà. De ses séjours prolongés à Paris, Erasme devait pourtant pratiquer un français même rudimentaire. Plus tard, et malgré ses voyages, il avoue son ignorance de l’italien, ne connaît pas mieux l’anglais ni l’allemand. Ce sont ses élèves, qu’il choisit polyglottes, qui sont ses interprètes (Cfr Sources, BIERLAIRE).

 

Erasme écrivain ne devient visible à l’Histoire que par et grâce à la virtuosité de son latin. Il vit, voyage et écrit en latin. Sur le tard, il se met au grec – ancien, comme de bien entendu – et finit par le maîtriser. Par contre, il butte durablement contre l’hébreu, trop étrange à ses yeux, et jette l’éponge.  Latin, grec, hébreu : voilà, selon lui, les trois langues contenant tout le savoir désirable à l’humaniste. C’est pour les diffuser largement qu’il accepte d’organiser à Louvain le « Collège des Trois Langues », berceau de la philologie classique et ancêtre de l’actuelle faculté des lettres.

 

A l’article de la mort, cet Erasme si érudit retrouvera pourtant l’humble idiome maternel: lieve God (« mon Dieu ») sont ses derniers mots.

 

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